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        <title>Jeunesses Identitaires d'Occitanie - histoire-du-languedoc</title>
        <description>Pretz Paratge Identitat</description>
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                <title>Les Jeunes Félibres Fédéralistes</title>
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                <author>noreply@ (Jidoc)</author>
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                                                <pubDate>Thu, 26 Jun 2008 01:42:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;strong&gt;&lt;font size=&quot;5&quot;&gt;A&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;u cours de la décennie 1880-90, Frédéric Mistral va s'attacher avant tout à maintenir l'unité du Félibrige. A cette fin, il consacre son action à l'unique front de la défense de la langue, plus grand dénominateur commun aux Félibres.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Les réserves du maître de Maillane&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le maître de Maillane n'évoque plus que du bout des lèvres la Croisade des Albigeois ; si bien que Robert Laffont n'hésite pas à parler d'une « réduction de l'albigéisme historique ». Mais c'est à contre coeur et Mistral ne peut contenir des aspirations plus politiques. C'est ce que chacun peut percevoir à l'occasion de la Sainte Estelle d'Albi de 1882 où, clôturant un discours consensuel célébrant l'unité de la France, il conclu : « Mai, Messièrs, dau moment que volèm èstre d'omes, que volèm restar liures...devèm-ti pas nos garentir contra l'abùs de l'unitat... contra... la centralisacioun que vai jusc'au tufle dessecar li sorgèntos de nostra independéncia ? » (1). C'est également animé de ce même vibrant idéal qu'il confira à un proche en 1885 : « Comme politique générale, nous devons sans relâche désirer le système fédéral : fédération des peuples, confédération latine et renaissance des provinces dans une libre fraternité. »&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;L'Aïoli et le Manifeste&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; En 1891, alors dépité par le peu de pugnacité qui anime le Félibrige, Mistral se lance dans la bataille fédéraliste et fonde « l'Aioli ». Il s'y entoure d'une équipe de jeunes collaborateurs sur lesquels il mise afin d'insuffler au Félibrige un regain de vitalité : «...à l'aubo dou siècle que pounchejo, vesèn, urousamen, une bando de gènt jouine, qu'à la fin lis enfèto de reçaupre de longo lou mot d'ordre d'eici, lou mot d'ordre d'eila, e que se sènton d'alo e voudrien se n'en servi. N'en sabèn meme qu'an lou fio de Dièu dins la frechaio e que se li retenian pas, sautarien au galet d'aquéu vièi pipo-sang de centralisacioun... » (2)&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Cette génération ne décevra pas le Maillanais, même si elle le surprend parfois, comme à l'occasion d'une réception organisée par la Société des Félibres de Paris, où Frédéric Amouretti lit la Déclaration des Jeunes Félibres Fédéralistes co-rédigée avec Maurras. Ils y stigmatisent l'impasse dans laquelle un culturalisme trop étroit a piégé le Félibrige. Ils souhaitent porter la revendication sur le front politique en se réclamant farouchement du fédéralisme : « ...e aro anan esclargi, noun coume antan davans d'acampado de letru e de sesiho freirenalo, mai dins lis assemblado poulitico e davans tout lou pople dou Miejourn e dou Nord, li reformo que voulèn. N'avèn proun de nous teisa sus nostis entencioun federalisto, quouro lis centralisaire parisen nous acanon em'aquelo marido acusacioun de separatisme ». (3)&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Les départements en ligne de mire&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Selon les Jeunes Fédéralistes, de l'autonomie politique découleront les droits réclamés depuis longtemps pour la langue. Aussi prônent-ils la liberté des communes reliées entre elles selon « sis enclin istouri, ecounoumi, naturau ... » (4) ainsi que la suppression des départements au profit des anciennes provinces avec à leur tête « uno assemblado soubeirano, à Bourdèus, Toulouso, à Mount-Pelié, à Marsiho o à-z-Ais » (5). Ces assemblées jouiront d'une autonomie complète en ce qui concerne l'administration, la justice, l'enseignement, les travaux publics. Bien plus, Amouretti et Maurras demandent la mise en valeur du territoire occitan.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;L'Occitanisme de Maurras&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Par cette Déclaration, Maurras s'affirme ouvertement occitaniste puisque l'autonomie politique revendiquée équivaudrait à la résolution de la contradiction Occitanie/Hexagone. Incarnations de son idéal, Mistral soutient ouvertement les Félibres fédéralistes « que non se countento de l'ama e l'amira, tambèn lou coumpren » (6) Aussi, le 7 mars 1892, Mistral publie-t-il la Déclaration en première page de l'Aioli, y joignant cette approbation, on ne peut moins voilée : «Es vièl, fai l'artimo, aquest siècle gravouge de la centralisacioun ; e la jouvenço elo que lou veira trecoula, pou, sus lou pourridié de sis avourtamen planta e véire crèisse l'aubre de la vido novo. »(7)&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Toutefois, malgré l'approbation mistralienne, ce texte suscita de vives polémiques au sein des félibres attachés à la IIIème République, ceux-ci craignant que le fédéralisme ne démantèle la França eterna. Cependant, s'il est fédéraliste et donc farouchement opposé à une république jacobine, Charles Maurras n'en est pas encore pour autant royaliste. Mais comprenant alors que son fédéralisme ne pourra pour l'heure s'unir à la république, il évoluera rapidement vers le monarchisme, puis vers le nationalisme intégral.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Première excommunication&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Au soutien dont bénéficie Maurras et Amouretti de la part de nombreux Félibres, républicains ou non puisque le fédéralisme peut se superposer à n'importe quel système politique, les républicains jacobinistes ripostèrent en les excluant de la Société des Félibres de Paris. Ceux ci, avec quelques amis, fondèrent alors la Soucietat Felibrenco de Paris en 1893.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; L'intransigeance jacobine vis à vis du fédéralisme incita Maurras et les Jeunes Félibres à rejoindre les rangs de la droite révolutionnaire. C'est ainsi que Maurras, Amouretti ou encore le félibre marseillais Clovis Hugues rejoignirent « La Cocarde » de Barrès, que Georges Valois qualifiera de « premier journal fasciste » ; et ce à raison, puisque cohabitaient largement en ses colonnes socialisme, fédéralisme et traditionalisme aboutissant à une synthèse, on ne peut plus pertinente à l'heure actuelle.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La purge effectuée et la flamme fédéraliste momentanément écartée, le Félibrige, désormais privé de crocs, pouvait retourner à ses remises de décorations et autres fastueuses séances d'auto-congratulation.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Le Félibrige s`endort&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mais à nouveau englué dans un culturalisme stérile, le Félibrige ne tarde guère à subir la poussée d'un nationalisme occitan inspiré de la Déclaration de 1892.&lt;br /&gt; On se souviendra plus particulièrement de Philadelphe de Gerde, déjà signataire du Manifeste, qui secoua les Jeux Floraux d'Arles de 1899 dont elle fut lauréate. C'est en effet toute de noir vêtue, en mémoire de la défaite de Muret, qu'elle accueillit la nouvelle Reine et l'intronisa par ce sirventès plein de défi dont l'écho nous convie au combat de demain :&lt;br /&gt; « Relheberat eds caps de terra&lt;br /&gt; En yetant èste crid de guerra :&lt;br /&gt; Hilhs de faidits! Soubengats bous ! » (8)&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; N'I A PRON&lt;br /&gt; In Montségur N° 10&lt;br /&gt; BP 7114&lt;br /&gt; 30912 Nîmes Cédex 2&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Revirada (Traduction)&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; (1) « Mais, Messieurs, du moment que nous voulons être des hommes, que nous voulons rester libres... ne devons-nous pas nous garantir contre l'abus de l'unité... contre la centralisation qui va jusqu'à la marne assécher les sources de notre indépendance ? »&lt;br /&gt; (2) »A l'aube du siècle qui point, nous voyons, heureusement, une bande de gens jeunes, que cela assomme à la fin de recevoir toujours le mot d'ordre d'ici, le mot d'ordre de là, qui se sentent des ailes et voudraient s'en servir. Nous en savons même qui ont le feu de Dieu dans les entrailles et qui, si on ne les retenait pas, sauteraient à la gorge de ce vieux pipe-sang de centralisation... »&lt;br /&gt; (3) »... et maintenant, nous allons dire, non pas comme autrefois devant des auditoires de frères et des assemblées de lettrés, mais dans les assemblées politiques et devant tout le peuple du Midi et du Nord, les réformes que nous voulons. Nous en avons assez de nous taire sur nos intentions fédéralistes, quand les centralisateurs parisiens en profitent pour nous lancer leur méchante accusation de séparatisme. »&lt;br /&gt; (4) » leurs affinités historiques, économiques, naturelles... »&lt;br /&gt; (5) » une assemblée souveraine, à Bordeaux, Toulouse, à Montpellier, à Marseille ou à Aix. »&lt;br /&gt; (6) « ne se contente pas de l'aimer et l'admirer, mais aussi le comprend. »&lt;br /&gt; (7) « il est vieux, il a le hoquet de la mort, ce siècle lourd de la décentralisation; et la jeunesse, elle qui le verra finir, peut sur la pourriture de ses avortements planter et voir croître l'ordre de la vie nouvelle. »&lt;br /&gt; (8) « Vous relèverez vos visages penchés vers la terre&lt;br /&gt; En jetant ce cri de guerre :&lt;br /&gt; Fils de Faidits, souvenez vous! »&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://www.mairie-aixenprovence.fr/IMG/jpg/mistral.jpg&quot; /&gt; 
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                <guid isPermaLink="true">http://jidoc.hautetfort.com/archive/2008/06/20/le-carnaval-des-fecos-de-limoux.html</guid>
                <title>Le Carnaval des Fécos de Limoux</title>
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                <author>noreply@ (Jidoc)</author>
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                                                <pubDate>Mon, 23 Jun 2008 02:38:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size=&quot;5&quot;&gt;S&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;i vous venez chercher à Limoux un carnaval classique avec son corso fleuri, ses fanfares et ses majorettes, un bon conseil: restez chez vous... sans quoi, il vous arrivera cette mésaventure survenue à une famille de pounchus qui quelques minutes après le début de la « procession » demanda à quelle heure arrivaient les chars et qui ont du décamper sous les huées de la foule.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Imaginez la place de la mairie d'une bourgade occitane à l'écart des grandes voies de communication, longue d'environ cinquante mètres, dont trois côtés possèdent des galeries à arcades. Puis une musique lancinante qui vous parvient d'une venelle et qui enfle. Voici les fécos qui ouvrent la marche (si l'on peut oser parler de marche, tant le pas est très lent. On va parcourir les cinquante mètres -d'un café à un autre- en l'espace de 30 minutes environ... Carrément du sur-place. Ainsi, chaque sortie, en respectant les pauses d'un café à un autre (c'est lent mais ça fait soif) va durer environ deux heures.&lt;br /&gt; Depuis le début du 17ème siècle, c'est avec un rituel pratiquement immuable que les bandes de Fécos suivent le même parcours au son d'une musique qui n'a pas du connaître une grande évolution. A noter que sur son site, la mairie a inclus un sondage demandant si le carnaval doit être modifié (!!!) espérons que la frénésie de changement qui caractérise notre époque n'atteindra pas la haute vallée de l'Aude. Le déroulement La première sortie se fait à 11 heures et est consacrée à un thème choisi dans l'actualité locale ou internationale, c'est ainsi que Georges Marchais, l'Entreprise Myris, la Cicciolina (reine du porno italien) ou le Président Chirac ont fait les frais des limouxins facétieux. Puis après le repas une deuxième sortie a lieu à 17 heures, puis la dernière à 22 heures. Si le matin, le rythme est rapide, l'après midi, il est plus lent et pour la dernière sortie, le soir, c'est à la lueur des entorches que se déroule le rite.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; A l'origine (en 1604) les « bandes » défilaient entre l'épiphanie et le Mercredi des cendres. Aujourd'hui, le carnaval s'étire de la mi-janvier jusqu'à ,la mi-carême tous les samedi et dimanche. Car à Limoux, tout est différent, car lorsque les carnavals classiques durent une paire de jours, à Limoux, il dure deux mois. Le dernier dimanche après un jugement, Carnaval sera brûlé dans la liesse populaire.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Les pierrots&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; A tout seigneur tout honneur: les fécos. Le terme est d'origine mystérieuse. Il peut venir du latin faex= excrément et par extension, lie de vin utilisée en guise de fard, de masque. On désigne ainsi les meneurs, très bien vêtus, du carnaval; Ils sont les descendants des meuniers dont ils gardent les signes extérieurs de richesse; ils arborent de somptueux travestis : marquis, marquises, arlequins, mais surtout « pierrots » lesquels sont devenus les personnages classiques du carnaval de Limoux. Le pierrot porte tunique ample et pantalons, rehaussés de larges bandes de couleurs. Entre la calotte noire et la fraise immaculée, le visage est dissimulé par un loup. Il tient sur son épaule un sac de toile non plus empli de farine, ni de dragées qui furent utilisées jusqu'à la guerre de 14, mais de confettis.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Les meuniers&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Au 14ème et 15ème siècles, le commerce de la farine avait fait de Limoux une des plus riches ville du Languedoc. N'oublions pas qu'à cette époque, contrairement à ce que les néo-jacobins veulent nous laisser accroire, le Languedoc était le grenier à blé de la France: plus de 50 moulins tournaient alors dans la région transformant les blés en farine pour les besoins des habitants ou de l'exportation en particulier vers l'Espagne. Les meuniers étaient alors très riches et ils avaient pris l'habitude de défiler au cours de fêtes, jetant des dragées aux enfants qui les suivaient. Un historien rapporte en 1832, que « les rues sont jonchées de dragées. Ces prétendus meuniers sont les jeunes gens les plus riches, qui, habillés de blanc sur de beaux chevaux noirs, portent au lieu de sacs de farine, des sacs de bonnes et fines dragées qu'ils jettent galamment à toutes les dames ».&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Les Goudils&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Quant aux Goudils, (de l'occitan godilhar = se dandiner, traîner, tirailler, gouailler...) ce sont les « masques » qui ne portent pas de jolis costumes. Les goudils pour se déguiser se contentent parfois de peu, mais donnent libre cours à la fantaisie la plus débridée. Ils se mêlent à la foule, se moquent des badauds, les chinent... La dualité Fécos/goudils a pu traduire une hiérarchie sociale.&lt;br /&gt; Les fécos disposent d'un seul instrument, la carabèna qui est un roseau d'environ 2 mètres décoré d'une spirale de papier coloré et terminé par un bouquet de serpentin arrangé en boucle. Il peut évoquer, les fouets des meuniers et des charretiers et -sans qu'on puisse parler de filiation directe- on a fait remarquer que la carabèna reproduit très exactement le thyrse des fêtes dionysiaques. Les fécos et les goudils agacent les spectateurs tout en rythmant la musique. Durant toutes les festivités, les étals des petits marchands sur la place offrent parmi les masques et les mirlitons les carabènas aux pompons de papier frisé. L'activité fondamentale des goudils est la « chine ». Pendant le carnaval le « masque » s' approche d'un spectateur, lui rappelle d'une voix truquée, méconnaissable, tel ou tel fait de sa vie; le plus souvent une vive critique sociale se donne libre cours dans la chine.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Les bandas&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Autre particularité du carnaval de Limoux, le spectateur ne participe en aucune manière: pas de chants, pas de danse, aucune manifestation. On le tolère... car le carnaval de Limoux est une fête populaire, un exutoire réservé à la communauté des habitants de la ville. Cette communauté qui se manifeste par ses « bandas » dont le nombre, depuis les années 50 ne cesse d'augmenter. Chacune a son siège dans l'un des cafés de la ville et a ses propres costumes, attributs et couleurs... on peut penser qu'à l`origine elles représentaient les différentes corporations de la ville, mais aujour d'hui, les regroupement se font selon d'autres affinités moins professionnelles. Dans l'ordre chronologique de leurs sorties en 2004 nous avons eu (en occitan dans le texte) : lo comité (los molinièrs), les Pébradous, l'Aragou, les Estabousits, les Arcadiens, les Mainatches, le Pont vieux, las Encantados, le Tivoli, les Réménils, Monte-Cristo, les Anciens, les Enfialurs d'Achille, les Aissables, les Ecoles rurales, les Retraités, las Piotos, les Ecoles, les Brounzinaïres, les Blanquetiers, les Etrangers, las Coudenos, le Paradou, les Jouves, las Fennos, les Sieurs d'Arques. Inutile de préciser que lors de ces réminiscences ancestrales, les acteurs sont tous issus de la population autochtone.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Signe des temps: alors que jusqu'à la dernière guerre seuls les hommes pouvaient se masquer dans les « bandas », on assiste aujourd'hui à la constitution de groupes de femmes ou de groupes mixtes. Mais certains groupes font de la résistance excipant de la tradition exclusivement masculine des corporations. Autre distingo: ceux qui font partie du « Comité » et ceux qui veulent garder leur indépendance. Comme on le voit, on est ici en Limouxin en vieille terre de tradition gauloise...&lt;br /&gt; « Mas entre totas, l'ententa es cordiala emai se rivalisan sul plan de l'estetica, de l'invencion al dintre de la tradicion, la beutat del vestit e l'impeccable de la prestacion. »&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;Roger COUSTEAU-FAIDIT&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.esperazabedandbreakfast.com/images/limoux%20carnival%202.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt; 
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                <title>Histoire de l'Occitanie (5/5)</title>
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                <author>noreply@ (Jidoc)</author>
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                                                <pubDate>Tue, 17 Jun 2008 02:15:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lusina.unblog.fr/files/2007/01/troubadours.gif&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une période de prospérité et d’effervescence culturelle et politique&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; A la fin du VIIIeme siècle, Charlemagne érige le duché d’Aquitaine en un état distinct. «Un si grand changement ne vint pas par hasard, mais de la réaction énergique de l’esprit national des indigènes du Midi contre le gouvernement fondé sur la conquête» écrira l’historien Augustin Thierry.&lt;br /&gt; Dans un même temps se constitue un comté de Toulouse dont la tête est confié à Guilhem I, appelé également Guilhem d’Orange. Cet inlassable guerrier arrête une nouvelle invasion musulmane, prend Barcelone et conquiert ce qui deviendra ensuite la catalogne. A sa mort, son culte et sa légende grandiront auprès de son tombeau. Ce site, situé dans l’Hérault, prendra le nom de Saint Guilhem-le-désert et sera auréolé par le prestige de l’héroïsme et de la puissance.&lt;br /&gt; Puis Charlemagne, par le traité de Verdun, tentera de démanteler l’unité ethnique occitane en l’éclatant en deux royaumes: Francie, royaume de Charles et Lotharingie: royaume de Lothaire.&lt;br /&gt; Puis, pendant prés de 4 siècles, avec l’affaiblissement des carolingiens, c’est un renouveau pour l’Occitanie. Si ce n’est quelques incursions arabes venues d’Espagne, mais rapidement mises en déroute par les troupes aquitaines et toulousaines, le pays ne connaît plus de ces grandes peurs. Ce qui entraîne une formidable éclosion d’esprits créateurs, qui se traduit par la construction d’édifices de style Roman.&lt;br /&gt; A la fin du XIeme siècle, Guillaume IX, compte de Poitiers et duc d’Aquitaine, est le chef quasiment indépendant de domaines plus étendus que ceux de son suzerain, le roi de France.&lt;br /&gt; Il combattra les arabes aux côtés du roi Aragon afin de les chasser des terres d’Europe, mais cela ne lui attirera guère l’indulgence de l’Eglise, pour laquelle il n’a que mépris. Il sera d’ailleurs excommunié à deux reprises, mais à son tour, il n’hésitera jamais à conspuer les dignitaires, ou à les faire emprisonner en les laissant mourir de faim, comme il advint à l’évêque de Poitiers qui entendait jouer les censeurs.&lt;br /&gt; Toutefois, Guillaume IX n’était pas qu’un souverain que l’omnipotence de l’église exaspérait, c’est avant tout le premier troubadour qui nous est connu. Une dizaine de ses chansons nous sont parvenues, dans lesquelles le duc-troubadour sait être tantôt paillard, tantôt courtois, allant de la gaillardise la plus grasse à faire pâlir Rabelais à l’émotion la plus profonde. Il se révélera être un poète des plus accomplis.&lt;br /&gt; Avec lui, c’est une extraordinaire effervescence culturelle et politique qui prend place face à une orthodoxie catholique incompatible avec les constantes psychologiques de «l’Ome d’Oc». Une civilisation à l’idéal chevaleresque voit le jour, plongeant au plus profond de sa race celtique et de sa pensée païenne.&lt;br /&gt; C’est la réapparition d’une société qui refuse les dogmes et libère la femme de son carcan judéo-chrétien. On invente d’ailleurs pour elle le mot «amor» qui n’a d’équivalent dans aucune autre langue. En français, «ameur» signifiant rut. Et on voit nos femmes se passionner pour les joutes théologiques, politiques, et participer à la vie publique.&lt;br /&gt; On assiste à la naissance de la première poésie en langue vivante d’Europe, celle des troubadours. Nobles et roturiers, hommes et femmes écrivent des vers. Le plus grand de nos poètes, Bernard de Ventadour, fils de valet, sera admiré comme un prince. La langue et la culture d’oc rayonnent sur toute l’Europe.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; A un niveau plus politique, on voit s’estomper le système féodal et s’épanouir les libertés communales.&lt;br /&gt; En effet, le pays se couvre d’une multitude de républiques municipales au pouvoir consulaire, comme le sera par la suite l’Italie. A côté se constituent des fédérations ou des associations de communes formant des petits états autonomes aux représentants élus.. C’est fidèle à cet esprit que nous relevons cette formule dans les «Fors de Bigorre»: «Nous qui valons chacun autant que vous et qui, réunis, pouvons plus que vous, nous vous établissons notre seigneur à condition que vous respectiez nos droits et privilèges, sinon, non.»&lt;/p&gt; 
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                <title>Histoire de l'Occitanie (4/5)</title>
                <link>http://jidoc.hautetfort.com/archive/2008/05/06/histoire-de-l-occitanie-4-5.html</link>
                <author>noreply@ (Jidoc)</author>
                                                <category>Histoire du languedoc</category>
                                                <pubDate>Sat, 14 Jun 2008 03:12:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://personnages-al-andalus.blogspirit.com/images/medium_pertus6.jpg&quot; alt=&quot;medium_pertus6.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;strong&gt;L'Occitanie entre la menace des francs et celle du croissant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les arabes viennent de conquérir l’Espagne en quelques années, traversent les Pyrénées, et s’emparent de Narbonne après des assauts acharnés.&lt;br /&gt; De là, ils s’élancent vers l’ouest, mais leur galop se brise sous les remparts de Toulouse.&lt;br /&gt; L’émir Al Samh a beau faire battre les murs par des machines de guerre et des tirs frondeurs, le siège s’enlise, ce qui permet au duc Eudes d’arriver avec une vaillante armée. Les arabes sont anéantis, et leur chef tué.&lt;br /&gt; Selon les chroniqueurs arabes, ce désastre, daté du 9 juin 721, est plus grave encore que celui de Poitiers et restera jour de deuil. L’armée arabe ne sera sauvée de la déroute que par l’énergie déployée par Abd er Rahman qui la ramène en bon ordre à Narbonne dont ils ont fait leur place forte. Si l’on en croit l’historien Paul Diacre: «les sarrasins venaient en Gaule pour s’y établir, il semble que la victoire d’Eudes ai brisé leur ambition.»&lt;br /&gt; Mais les arabes effectueront tout de même des razzias dans le bas pays, Carcassonne sera assiégée, des villes comme Auch, Oloron, Tarbes, seront rasées, et Bordeaux emportée après un assaut des plus sanglants.&lt;br /&gt; Mais inlassablement, Eudes se porte à leur rencontre et tente d’endiguer la déferlante musulmane. Ces farouches combats seront parfois à son avantage, jusqu’à la bataille d’Agen où son armée est défaite.&lt;br /&gt; Comprenant l’enjeu européen d’une telle invasion, Eudes se tourne vers son ennemi Martel, et sollicite son secours. Ce dernier se laissera convaincre et arrivera juste à temps avec des troupes fraîches pour arrêter les arabes près de Poitiers.&lt;br /&gt; Toutefois, Martel profite de l’aubaine, lève une immense armée et part en Provence sous prétexte d’en chasser les arabes.&lt;br /&gt; Les Francs arrivent à Marseille, où il n’y a pas la moindre garnison, et pillent la ville. Puis, ils se dirigent vers Avignon qui sera emportée, et, dans sa fureur, le vainqueur ne fera aucune distinction entre arabes et européens. La cité sera saccagée et livrée aux flammes. Martel poussera ensuite jusqu’à Narbonne, mais, lassé par un siège qui perdure, il lève le camp, et sème systématiquement la désolation dans toute la Septimanie. Il se vengera de son échec sur les populations occitanes. Beziers et Agde sont démantelées, Maguelone détruite de fond en comble, et, parvenu à Nîmes, Martel fera abattre les murailles, mettra le feu aux portes de la ville, et tentera d’incendier les arènes romaines, comme on ferait d’une forteresse ennemie. Et pour garantir la soumission de la province, les Francs s’empareront de nombreux otages dans chacune de nos villes.&lt;br /&gt; Toutefois, les occitans se rebelleront à nouveau quelques 5 années plus tard, en 739. Cette fois, pour en venir à bout, Martel devra s’allier aux Lombards. Le pays ne sera remis aux francs qu'une fois qu'il sera totalement dévasté.&lt;/p&gt; 
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                <guid isPermaLink="true">http://jidoc.hautetfort.com/archive/2008/05/03/histoire-de-l-occitanie-3-5.html</guid>
                <title>Histoire de l'Occitanie (3/5)</title>
                <link>http://jidoc.hautetfort.com/archive/2008/05/03/histoire-de-l-occitanie-3-5.html</link>
                <author>noreply@ (Jidoc)</author>
                                                <category>Histoire du languedoc</category>
                                                <pubDate>Wed, 11 Jun 2008 03:11:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/37/Royaume_des_Wisigoths.jpg/250px-Royaume_des_Wisigoths.jpg&quot; /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La présence wisigothe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les Wisigoth s’installent en Occitanie dès le Veme siècle, occupant l’Aquitaine et le Languedoc actuels. Ils font de Toulouse leur capitale, et, en une cinquantaine d’année, Théoric II et Euric le grand unifient pour un temps les territoires occitans.&lt;br /&gt; Ils fortifient Carcassonne, rouvrent ou créent des voies de communication, lancent des grands travaux d’irrigation,…, bref le pays renaît, et avec lui la création artistique. On voit se préparer un art roman, avec la construction d’églises et de palais à Toulouse, Narbonne, Clermont ou Arles.&lt;br /&gt; Cependant, les Wisigoths sont des ariens( adeptes de l’arianisme) et la jeune église romaine, habituée à gouverner, reproche à Alaric II de séparer le temporel du spirituel et fera appel à Clovis afin d’annihiler ce royaume bien trop éloigné de l’obscurantisme catholique.&lt;br /&gt; Pour Clovis qui les convoitait, les terres du sud de la Loire valaient bien un baptême, et c’est ainsi que l’église romaine lui confia la tête de la croisade anti-arienne. Après une série d’expéditions chaque fois repoussées par les Wisigoths, une grande offensive est lancée, l’affrontement aura lieu en 507 à Vouillé, au nord de Poitiers, et le roi Alaric II sera tué au combat.&lt;br /&gt; Les rois wisigoths auront veillé sur l’Occitanie pendant près d’un siècle, mais arrivé à son apogée, tel un colosse aux pieds d’argile, l’empire succombera en quelques années sous les coups combinés des Francs et de la perfide Eglise romaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Il n’est pas interdit de penser comme André Loyen que «le royaume Wisigoth de Toulouse à donné à cette région le sentiment de son entité, qui devait s’affirmer plus tard dans l’affaire cathare.»&lt;br /&gt; A la mort de Clovis, l’Occitanie devient duché de Toulouse, et recouvre une large autonomie, car les Francs souhaitent conserver la paix avec un territoire aussi vaste et éloigné.&lt;br /&gt; Les ducs sont des gallo-romains, et le peuple est satisfait que Toulouse redevienne capitale du pays.&lt;br /&gt; A la fin du VIIeme siècle, le duc Eudes règne sur un véritable état, allant des Pyrénées à la Loire, et de Rodez à l’Océan, que Charles Martel devra bien reconnaître en 720.&lt;br /&gt; Cependant, ce «prince brave au cœur généreux» comme que let, ce «prince brave au cœur généreux» comme que qualifiera l’historien Dom Vaissete, occupera une position fort inconfortable, constamment menacé au nord par Martel et au sud par les arabes.&lt;/p&gt; 
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                <guid isPermaLink="true">http://jidoc.hautetfort.com/archive/2008/04/30/histoire-de-l-occitanie-2-5.html</guid>
                <title>Histoire de l'Occitanie (2/5)</title>
                <link>http://jidoc.hautetfort.com/archive/2008/04/30/histoire-de-l-occitanie-2-5.html</link>
                <author>noreply@ (Jidoc)</author>
                                                <category>Histoire du languedoc</category>
                                                <pubDate>Sun, 08 Jun 2008 02:10:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/francophonie/images/empire_romain.jpg&quot; /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la révolution néolithique à l'installation des Wisigoths&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout d’abord, si aucun ossement d’Australopithèque (qui sont les premiers omnidés) n’a été trouvé à ce jour, la découverte des «galets cassés» , comme les «quartzites de la garonne» nous amène à penser que ceux ci étaient déjà présents en nos contrées.&lt;br /&gt; Il est à noter également que l’Occitanie détient la plus forte concentration d’habitats paléolithiques d’Europe occidentale, avec des sites comme les Eyzies sur les bords de le Vézère en Périgord, la grotte de Lascaux ou encore Tautavel, …&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Puis, il y a 8000 ans, avec le réchauffement du climat, une nouvelle flore et une nouvelle faune apparaissent. C’est à ce moment là que nos lointains ancêtres entreprennent leur révolution néolithique. Ils se sédentarisent, quittent leurs cavernes, cultivent la terre et domestiquent les troupeaux d’ovins et de caprins sauvages qui vivaient à leur cotés.&lt;br /&gt; Mais les occitans sont avant tout des celtes venus d’Europe centrale. Ils confèrent au pays ses structures ethniques, psychologiques, politiques et sociales présentes encore aujourd’hui. Ils font de l’Auvergne le centre de gravité de leur territoire. Les celtes resteront à jamais les seuls occupants pour ce qui est du nord d’une zone délimitée par la Garonne, le Tarn, les Cévennes et le Rhône.&lt;br /&gt; Au sud de cette ligne, les Celtes ont connu les invasions successives de peuples guerriers comme les Ligures, les Ibères ou les Vlosques.&lt;br /&gt; Les premiers des ces envahisseurs sont les Ligures, arrivés il y a 2700 ans, qui occupent la région de Montpellier à Narbonne.&lt;br /&gt; Un siècle plus tard, ce sont les Ibères, qui sont des Celtes, qui traversent les Pyrénées et s’implantent en Gascogne. Puis, en poussant à l’est vers le littoral, ils envahissent le royaume ligure.&lt;br /&gt; Vers la même époque, les Grecs fondent Massilia, et importent la vigne et l’olivier.&lt;br /&gt; Deux siècles plus tard, soit il y a 2400 ans, c’est au tour des Volsques, celtes venus du nord-est, de se tailler à la hache un empire allant du Rhône à la Garonne.&lt;br /&gt; Toutefois, ces invasions successives n’ont jamais été politiques ni militaires, contrairement à la colonisation de peuplement que nous vivons aujourd’hui par les peuples africains, le substrat ethnique est resté celte. Avec une nuance cependant pour la région située à l’est du Rhône, et occupée par les ligures qui a connu des infiltrations successives.&lt;br /&gt; Puis vint la conquête romaine débutant il y a 2500 ans avec la création d’une colonie prise sur les volsques: La Narbonnaise, appelée ensuite Septimanie. La Provence, quant à elle, faisant déjà partie intégrante de l’Empire.&lt;br /&gt; Ensuite, Rome va conquérir l’Occitanie en payant un lourd tribu de sang. La résistance occitane reste illustrée par de vaillants guerriers, tel que le plus grand des héros occitans: Vercingetorix, qui organisa les tribus du nord du pays encore invaincues.&lt;br /&gt; L’occupation romaine de l’Occitanie ne durera pas moins de 5 siècles, et engendrera la civilisation Gallo-Romaine.&lt;br /&gt; Cette civilisation prospère est fondée sur l’exploitation intensive des ressources agricoles et minérales, exportant dans tout l’empire huile, lin, chanvre, céréales de Camargue, bétail, beurre, fromage, marbre, or , pourpre, dont Toulon est le seul producteur, ou poteries limousines très prisées sur les marchés romains.&lt;br /&gt; Le réseau routier qui se met en place a une valeur stratégique, politique et économique et emprunte bien souvent les anciennes voies celtiques et paléolithiques.&lt;br /&gt; De grands centres consacrés aux divinités attirent des foules nombreuses. Ce sont par exemple les cultes de Sybelle à Lectoure, Mithra à Eauze, et surtout Mercurius-Dumnas(synthèse du dieu romain et du celte Lug) en Auvergne que l’on vient vénérer de toute la Gaule. Un imposant sanctuaire lui est élevé au sommet du Puy de Dôme avec une gigantesque statue de 10 mètres de haut à son effigie.&lt;br /&gt; Cependant, tant de faste et de richesses profitent avant tout aux marchands et aux oligarchies locales sur lesquelles Rome s’appuie pour maintenir son impérialisme. Le peuple, quant à lui, vit mal un système colonialiste dur, car Rome impose sa langue, sa religion, ainsi que ses lois, et étouffe toute velléité d’indépendance. C’est ainsi que sous le règne de Tibère, le peuple occitan prend les armes et se soulève contre l’empire.&lt;br /&gt; Mais si toutefois l’Occitanie s’est vue enrichie et profondément marquée à un niveau culturel par la domination romaine, ces souffrances lui feront voir d’un bon œil l’arrivée et l’installation des Wisigoths.&lt;/p&gt; 
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                <title>Histoire de l'Occitanie (1/5)</title>
                <link>http://jidoc.hautetfort.com/archive/2008/04/06/histoire-de-l-occitanie-1-5.html</link>
                <author>noreply@ (Jidoc)</author>
                                                <category>Histoire du languedoc</category>
                                                <pubDate>Thu, 05 Jun 2008 02:04:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;h3&gt;&lt;img src=&quot;http://www.moniquedecamps.com/sitebuildercontent/sitebuilderpictures/.pond/occitanie.jpg.w300h189.jpg&quot; /&gt; &amp;nbsp;&lt;/h3&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;posttext&quot;&gt; &lt;div class=&quot;posttext-decorator1&quot;&gt; &lt;div class=&quot;posttext-decorator2&quot;&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;Introduction et présentation de la langue&lt;/strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour situer en quelques mots le pays dont je vais vous parler, il est bon de savoir que le territoire occitan s’étend sur 3 états: L’Espagne, avec le val d’Aran, l’Italie avec les hautes vallées alpines, et la France avec 33 départements et 6 régions (Aquitaine, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Provence- Alpes- Cote d’azur; Limousin et Auvergne auxquelles il faut rajouter l’Ardèche et la Drome, rattachées à Rhône-Alpes)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; L’Occitanie est donc une nation dont le territoire représente le tiers de la France et où vivent et meurent quelques 13 millions d’Occitans de souche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Mais ce qu’il faut surtout avoir à l’esprit c’est que l’Occitanie se définit comme le territoire naturel de la langue occitane, c’est donc une nation au sens de communauté populaire. C’est d’ailleurs le sentiment d’appartenance à une communauté, stigmatisé par une «lenga nostra» partagée, qui a fait la force de la nation occitane et maintenu sa cohésion face aux aléas de l’Histoire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;La langue occitane:&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L’Occitan est une des 7 langues romanes au même titre que le Français, l’Italien ou le Castillan. Il est issu directement du latin imposé avec l’Occupation romaine. Mais, vers le IXème siècle, on s’aperçut que la langue parlée différait largement du latin: l’occitan était né.&lt;br /&gt; Toutefois, un grand nombre de termes ne peuvent être expliqués par une origine latine, et il faut, pour ce faire, se référer au Gaulois dont l’occitan a hérité une partie du vocabulaire: (bana/banno=corne, bruc/brucos=bruyère, dun/duno=mont/colline) Mais ce n’est pas tout, d’autres termes ne sont explicables que par le recours à une langue pré-gaulloise. Ce langage est évidemment celui des indo-européens venus sur notre sol par vagues successives depuis le centre nord de l’Europe.&lt;br /&gt; Ayant été la première langue romane constituée, l’occitan a connu un rayonnement européen avec les troubadours du XIeme jusqu’au XIIIeme siècle. Et malgré l’annexion du pays à la France, la langue restera d’usage jusqu’en 1539, où l’édit de Villers-Cotterêt impose le Francien comme unique langue du royaume. Mais au début du Xxeme l’occitan, encore parlé par tous mis à part par la bourgeoisie urbaine, recouvre ses lettres de noblesse avec Mistral, figure emblématique du Félibrige et son prix Nobel de littérature. Mais paradoxalement et dans un même temps, le pouvoir central dénigre à l’Occitan son statut de langue spécifique pour le reléguer au rang de patois du Français. Après avoir été chassé des écoles communales à grand renfort de brimades et vexations par les instituteurs de la république, l’Occitan a désormais trouvé une petite place dans certaines écoles, lycées et facs d’Occitanie, plus seulement dans les universités du Japon et de l’Allemagne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Afin d’éluder les justes revendications occitanes, les Jacobins on souvent argué du fait que l’Occitan est constitué de plusieurs dialectes, et qu’il est donc inconcevable de parler d’unité.&lt;br /&gt; A un bémol prés, car si différence il y a, celle ci n’empêche nullement l’intercompréhension entre les divers dialectes d’oc et ne saurait à plus forte raison remettre en cause son unité linguistique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; On peut en effet distinguer 4 grands dialectes d’Oc: le provençal, le languedocien, le Gascon et le nord-occitan.&lt;br /&gt; Leurs différences résident dans le fait que le nord-occitan lorsque le C ou le G est associé au A, prononcera [ch] ou [je]. Ex: cantar =&amp;gt;chantar, Galina=&amp;gt;jalina&lt;br /&gt; Le Gascon remplacera le F en début de mot par H. Ex: Filha=&amp;gt;Hilha&lt;br /&gt; Le Languedocien prononcera le V comme le B et conserve les consonnes finales. Ex: lo vin&lt;br /&gt; Le Provençal différencie le V du B et ne prononce pas les consonnes finales.&lt;br /&gt; Ainsi donc, on s’aperçoit que ces nuances ne sont pas plus problématiques que celles distinguant le Berrichon du Parisien.&lt;br /&gt; Par contre ces mêmes jacobins, ardents défenseurs de la francophonie, passent sous silence l’extrême richesse de vocabulaire qu’offre l’occitan pour exprimer les sentiments humains. En effet, si le français compte seulement 40 000 mots(38 000 selon littré) l’occitan en dénombre plus de 200 000. C’est grâce à l’emploi de suffixes exprimant la grandeur, la petitesse, mais surtout la tendresse ou l’indifférence, l’amour ou l’aversion, qu’il est toujours possible d’enrichir ou de modifier le sens d’un mot:&lt;br /&gt; Ex:Femna=&amp;gt;Femneta (petite), femnota (sympathique), femnetona (affectueux), femnassa (peu sympathique), femnarassa (hideuse et méchante).&lt;br /&gt; L’occitan permet également à partir d’un substantif, de créer un verbe. Ex:encravatar, marinejar…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Ce sont ces caractéristiques, permettant la création de mots nouveaux au quotidien, associés à des temps de conjugaison, tel que le passé surcomposé, n’existant pas en français, qui font de l’Occitan une langue à la finesse et à la profondeur incomparable. Ce qui fait dire à l’Ome d’Oc qu’il se sent à l’étroit dans une langue qui lui est imposée et qu’il lui faut souvent user de périphrases pour traduire des mots courants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Voici donc en quelques mots, les grandes lignes qu’il paraissait nécessaire de dégager afin de cerner un tant soit peu la langue d’Oc.&lt;br /&gt; Ceci dit, et sachant que l’avenir appartient aux peuples de plus longue mémoire, je vais poursuivre cette présentation de l’Occitanie par son histoire, en remontant au plus loin de ce qui nous est connu, jusqu’à notre époque contemporaine.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt; 
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                <title>Le Pont du Gard</title>
                <link>http://jidoc.hautetfort.com/archive/2008/04/18/le-pont-du-gard.html</link>
                <author>noreply@ (Jidoc)</author>
                                                <category>Histoire du languedoc</category>
                                                <pubDate>Mon, 02 Jun 2008 11:57:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.francemarket.com/region-provence/pont-du-gard/photo/img1.jpg&quot; style=&quot;width: 394px; height: 242px&quot; height=&quot;242&quot; width=&quot;394&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Situé à 26 km de Nîmes ou d’Avignon et à 4km de la commune de Remoulins, le Pont du Gard est peut-être l’ouvrage d’art le plus admiré des Français ; inscrit au Patrimoine mondial de l’humanité en 1985, ce monument majestueux est aussi le plus visité (1) après le Mont Saint-Michel.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le Pont du Gard est par ailleurs le plus imposant et le plus haut de tous les ponts-aqueducs romains connus, puisqu’il mesure près de 49m de hauteur. Cette dernière est obtenue &lt;i&gt;« par la superposition de trois rangées d’arcades&lt;/i&gt; (2) &lt;i&gt;en retrait l’une sur l’autre, et équivaut à un immeuble de dix-huit étages »&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Son altitude est d’environ 65m.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ce monument figure la partie la plus remarquable de l’aqueduc érigé par les Romains au 1er s. apr. J.-C. afin d’alimenter en eau la ville de Nîmes (3) ; il enjambe ainsi le Gardon au creux d’une vallée profondément engorgée, et donc facilement inondable – notamment à l’automne.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le premier étage du Pont du Gard mesure 22m de hauteur, et c’est le dernier niveau du pont qui supporte la conduite d’eau de l’aqueduc.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Par ailleurs, certains blocs de pierre composant le monument pèsent près de six tonnes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ouvrage d’art, de prestige, et – bien sûr – très utile de par sa fonction, le Pont du Gard fut construit sur une dizaine d’années environ. Endommagé durant les invasions barbares, l’aqueduc cesse définitivement de fonctionner au IXe siècle. Sa portion la plus remarquable – le Pont du Gard – n’est alors plus utilisée que comme un moyen de franchir le Gardon.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; En 1743, il est doublé d'un pont routier.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Au XIXe siècle, le monument, usé par le temps et l’érosion, menace de s’effondrer. Débutent alors d’importants travaux ordonnés par le Second Empire, travaux aboutissant à sa consolidation.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;font face=&quot;Comic Sans MS&quot;&gt;&lt;u&gt;Une prouesse technique&lt;/u&gt; :&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Tandis que la largeur des arches des ponts-aqueducs romains n’excède pas, a priori, les 5,50m, celle des structures voûtées du Pont du Gard varie entre 15,50 et 24,50m – pour les deuxième et premier étages.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Cela donne à l’ouvrage une impression de légèreté du fait des « vides » figurant sous chaque voûte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le premier niveau du Pont du Gard repose sur des fondations de roches dures. On remarque également que l’avant des piles &lt;i&gt;« est renforcé par un système d’avant-becs&lt;/i&gt; (4) &lt;i&gt;pour couper le courant et que l’ouvrage est légèrement curviligne pour résister à ce même courant parfois violent »&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Les arcs sont formés de blocs de pierre taillée et l’on remarque encore, sur les piles, les boutisses qui ont servi à monter les échafaudages nécessaires à l’édification de l’ouvrage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Les façades du troisième niveau, portant le canal ou aqueduc, ont 83cm d’épaisseur, ce en vue d’empêcher les infiltrations ; ainsi, ces murs sont-ils recouverts de dalles de 33cm d’épaisseur pour 1m de large. Quant aux parois intérieures du canal, elles sont revêtues – comme les joints, d’ailleurs – d’une couche de ciment épaisse de plusieurs centimètres, lui-même recouvert de peinture.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le fond de l’aqueduc &lt;i&gt;« est un blocage de petites pierres, de chaux et de gravier sur une hauteur de 0m22 formant une couche d'excellent mortier »&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; La pierre qui servit à l’édification du Pont du Gard – et de l’aqueduc qu’il soutient – est un calcaire tendre, aisément taillable, ne craignant pas les gelées et durcissant avec les ans. Tous les blocs ayant permis la construction du pont ont été extraits d’une carrière située à moins d’un kilomètre du monument, sur la rive gauche du Gardon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ajoutons que le Pont du Gard appartient à l’ordre toscan (5).&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Long de cinquante kilomètres, l’aqueduc lui-même témoigne des prouesses techniques dont les ingénieurs de Rome étaient alors capables. En effet, la dénivellation entre les deux extrémités de l’ouvrage n’est que de 12m, soit une inclinaison moyenne de 24cm/km, ou encore 0,24mm/m.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ces chiffres éloquents forcent le respect des plus grands bâtisseurs de notre époque.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le Pont du Gard est ainsi une œuvre de prestige, illustrant de façon éclatante la supériorité de la civilisation romaine urbaine, alors à l’apogée de sa puissance et de son expansion politique et culturelle.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;&lt;font size=&quot;-1&quot;&gt;(1) Exception faite des monuments de la région parisienne.&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;&lt;font size=&quot;-1&quot;&gt;(2) Le premier niveau, qui repose sur le lit du Gardon, comporte six voûtes pour une longueur totale de 142m ; le deuxième niveau, quant à lui, en compte onze étalées sur 242m ; le dernier niveau, enfin, qui est aussi le plus étroit, comprend trente-cinq voûtes (dont une douzaine a disparu) sur environ 275m.&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;&lt;font size=&quot;-1&quot;&gt;(3) L’aqueduc captait les eaux de la source de la Fontaine d’Eure, située non loin d’Uzès.&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;&lt;font size=&quot;-1&quot;&gt;(4) L’avant-bec est une sorte d’éperon que l’on place en amont – c’est-à-dire face au courant, bien entendu, à la base d’une pile de pont ; il sert autant à diviser l’eau – et donc à réduire la poussée contre l’ouvrage – qu’à éloigner les corps flottants.&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;&lt;font size=&quot;-1&quot;&gt;(5) Il s’agit d’un ordre romain d’architecture, inspiré par certains aspects du dorique grec – notamment en ce qui concerne les chapiteaux des colonnes.&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; 
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                <title>Oppida en Cévènes.</title>
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                <author>noreply@ (Jidoc)</author>
                                                <category>Histoire du languedoc</category>
                                                <pubDate>Tue, 27 May 2008 02:01:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a sur les altitudes du causse Méjean un alignement parfait de trois enceintes protohistoriques. Reste à déterminer ce qui les relie l'une à l'autre. Entreprise peu évidente pour la simple raison que ses repères se sont probablement perdus avec le temps. mais l'itinéraire est là, et sa &quot;virtualité&quot; le situe hors du domaine temporel. petite expédition dans le froid de l'hiver cévenol.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; color=&quot;#000000&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;Jadis, quand la logique conduisait tout, que l’homme était conscient que le plus court chemin pour se rendre d'un point à un autre reste la ligne droite, il imagina des itinéraires virtuels. Nul besoin de tailler un chemin ou de débroussailler. Il suffit de connaître par &lt;i&gt;quoi&lt;/i&gt; il faut passer. Un cairn, un arbre isolé ou un buisson taillé, une roche taillée qui paraîtra plus claire, une pierre levée, autant d'indices pour le voyageur. Avec les années, faute d’être emprunté avec régularité, le balisage de ces laies a disparu. Bien peu furent ceux qui tentèrent, à ma connaissance, de reconstituer cette antique prééminence.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; color=&quot;#000000&quot;&gt;L’écrivain Bruce Chatwin a rapporté un livre capital de son voyage en Ausralie (&lt;em&gt;Le chant des Pistes&lt;/em&gt;, Grasset, 1988). Il cherchait des renseignements sur les pistes aborigènes millénaires. Les premiers habitants du continent australien ont rarement l’envie encore aujourd’hui de se déplacer dans le désert autrement qu'en ligne droite. Afin de faciliter la mémorisation de ces itinéraires, ceux-ci sont évoqués sous forme de chants. Chaque arbre, chaque rocher utile à jalonner la piste, a reçu le nom d'un esprit ou d'un dieu. Les laies aborigènes sont sacrées. Et comme pour tout enseignement de cet ordre, le détail de ces itinéraires ne peut être communiqué qu'à des femmes et à des hommes autorisés.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; color=&quot;#000000&quot;&gt;C’est aussi pourquoi Chatwin éprouvera bien des difficultés à obtenir des réponses à ses questions. Rien d’étonnant à ce que l'Aborigène montre une excessive méfiance à l’égard des pouvoirs et des desseins de l'homme blanc qui ne lui a guère apporté jusqu'ici de satisfactions majeures. Mais Chatwin est patient&amp;nbsp;; il finira par gagner la confiance des &lt;i&gt;connaissants&lt;/i&gt;. Ce qui n’est pas le cas pour les Cévennes qui malgré leur isolement n’en ont pas moins été marquées par la Civilisation. Si jamais des pistes ont été un jour chantées par ici, la mémoire ne semble pas en avoir été conservée. Déjà que l'on éprouve de la difficulté à reconstituer le cheminement des drailles, comment s'étonner que l'amnésie se soit emparée à ce point de ces terres incultes et désolées?&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; color=&quot;#000000&quot;&gt;L’itinéraire qui suit a été réalisé en hiver, depuis le hameau de Caussignac où l’on peut laisser son véhicule. De là, se diriger au sud, sur le chemin menant au Mas Saint-Chély. On coupera ensuite vers le sommet 1025 à travers buis et pins pour gagner avec un peu de tâtonnement l'enceinte de Tourel, un oppidum dont les vestiges disparaissent partiellement sous une végétation de garrigue et de résineux. (Ici, on peut pousser jusqu'à la petite chapelle de Saint-Côme qui se dresse non loin dans un site enchanteur.)&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; color=&quot;#000000&quot;&gt;De Tourel, la visée faite à la boussole en direction de l’enceinte de la Rode ne révèle aucun point remarquable. La laie passera forcément par les bois de résineux. Mais il est toujours envisageable de briser une ligne droite. A condition de ne pas dévier inconsidérément. Afin d'éviter une trop fastidieuse progression, on empruntera une allée coupe-feu qui monte droit sur la crête d'une large croupe. Une fois là-haut, la colline de Drigas apparaît ; sommet plus pelé que ses voisins, mais à une distance encore conséquente comblée par la forêt.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; color=&quot;#000000&quot;&gt;Redescente. Traversée d'un champ clôturé. Remontée par un flanc nord glacé où veillent quelques sapins exténués. Le désert blanc s’étend à l’infini, tel qu’il a dû être aux origines, vierge de toute route, toute habitation, toute fumée. On n’imagine pas être en France entouré de tant de vastitudes vierges.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; color=&quot;#000000&quot;&gt;Depuis le sommet suivant, le Tourel n'est pas visible. Il est toujours possible de couper quelques arbres afin de marquer un bois au niveau désiré. Peut-être les anciens gardiens des laies usèrent-ils de cette méthode pour baliser les terrains touffus. Le saura-t-on jamais? La Rode se dégage par contre nettement. En fouillant du regard la combe qui nous en sépare encore, on s'avise de la présence d’un cercle de pierres. Bien qu’il ne soit pas fait mention de vestiges préhistoriques à cet endroit précis – c'est-à-dire sur le bord d'un chemin orienté NNE-SSO menant au hameau du Buffre –, on est saisi par cette enceinte miniature. Il s’agit vraisemblablement d'un banal enclos pour les bêtes qui a dû servir autrefois. Mais ce cercle dessiné aux abords du tumulus principal est tout de même singulier…&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; color=&quot;#000000&quot;&gt;Bien plus nettement que le Tourel, l’oppidum de Drigas se dessine sur sa pente pelée. Au temps de sa splendeur, ses murs se dressaient à 4 mètres et la fumée qui devait s’en échapper étaient autant de repères immanquables. L’ouvrage de la Rode est daté du premier âge du Fer. Il montre les dimensions impressionnantes de 130 mètres sur 150. L'épaisseur de ses murs a été estimée jusqu'à cinq mètres par endroits. La vue d'ici est imprenable, du mont Aigoual au mont Lozère.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; color=&quot;#000000&quot;&gt;On suppose que les oppida du Causse étaient surtout peuplés d'éleveurs et d'agriculteurs. Les habitations, constituées de bois et d'argile, étaient adossées à la paroi de pierre. Sept habitats fortifiés ont été recensés sur le Méjean. Une dizaine sur le Sauveterre. C'est dire si les hommes ont pressenti que la vie sur ces hauteurs était possible.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; color=&quot;#000000&quot;&gt;De Rode au hameau de Buffre, le seul visible depuis le sommet, il n’y a pas loin. Il faut se détourner jusqu’au petit bénitier de la splendide croix du Buffre. Cette croix dont on dit qu'elle ne serait pas honorée que par les bons chrétiens d'ici. A l'époque des moissons, il est coutumier de trouver dans le creux de son bénitier quelques grains de blé. Offrandes à Déméter ou à Cérès?…&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; color=&quot;#000000&quot;&gt;Le plateau est recouvert d'une pellicule de neige figée par le vent du nord, dure comme le roc sur laquelle il faut se garder de glisser. Sur sa partie orientale, la végétation est anémiée, hiver comme été. Il est fort probable que le Causse a présenté principalement le visage de cette toundra s'étendant à perte de vue depuis des millénaires. A l'âge des métaux, d'où l'on date les habitats fortifiés de hauteur, on note une prolifération des landes à buis, tandis que la chênaie diminue fortement. C'est l'intensification de l'agriculture sur brûlis, proportionnellement à une progression démographique. D’où cette ressemblance assez étroite entre le paysage contemporain et celui de jadis. Autre précision importante concernant le climat&amp;nbsp;: après avoir connu un réchauffement vers -5000, on note un refroidissement au chalcolithique (âge de cuivre), si bien qu'il peut être estimé semblable à maintenant. En résumé : un climat et une végétation qu'ont dû connaître nos ancêtres de la protohistoire.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; color=&quot;#000000&quot;&gt;Je note aussi que hormis des parcelles de résineux récemment importés, quelques fermes ou hameaux (difficile de parler de village), les routes et les chemins, le Méjean présente une physionomie sensiblement constante sur 5000 ans. Cette précision a son utilité pour suivre le déroulement de notre périple. Elle peut signifier en premier lieu que si des repères ont été mis en place, certains éléments pourraient encore émerger.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; color=&quot;#000000&quot;&gt;Quel est le point de repère qui autorisera à relier la Rode au Cayla ? Après avoir rapproché la boussole et la carte, on remarque ce sommet qui visiblement n'appartient pas au plateau. Il se détache, à droite du mont Aigoual, reconnaissable à son dôme plus enneigé, et forme un pic que ses voisins, aux sommets arrondis, ne montrent pas. On réglera sa marche sur lui.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; color=&quot;#000000&quot;&gt;On notera au passage que la droite tracée sur la carte par l'alignement des trois oppida, entre La Rode et le Cayla, passe successivement par les altitudes 1007, 1032, 1045, 1037, 1087&amp;nbsp;! Eminences qui se révéleront être de discrètes croupes, et qui ne nous seront d'aucun secours, mais qui jadis pouvaient comporter sur leurs sommets des pierres, des arbres isolés, ou de simples bâtons plantés.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; color=&quot;#000000&quot;&gt;En entamant la redescente, on notera la présence d'un monolithe à main droite. Comment pourrait-on l'ignorer ? Il se profile nettement sur l'horizon à environ quatre cents mètres. Si l’on s’en approche, on réalise qu'il s'agit d'un roc naturel d'environ 5 m. de haut. Pour qui vient du Cayla par la laie, ce bloc dressé généreusement peut indiquer la présence proche de l'enceinte de Rode-Drigas. Il est vrai que, des collines environnantes, celle de l'oppidum ne se distingue que par la rareté de sa végétation…&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; color=&quot;#000000&quot;&gt;Paysage toujours aussi désolé, où la caillasse qui prédomine affleure sous la neige. Le pic-repère disparaît parfois, mais jamais très longtemps. Et le plus souvent, il perce juste l'horizon. Il pourrait bien s'agir du sommet 1490, situé à l'ouest du col de la Caumette, et borné. Laissons sur notre droite une tour, marquée comme un ancien moulin, traversons un chaos rocheux, passons une lavogne et de petits canaux creusés de mains d'hommes pour alimenter quelques malheureuses cultures, avec toujours la perspective de notre pic-repère. Celui-ci finit par nous mener, comme prévu, au &quot;cap-barré protohistorique&quot; du Cayla. Un vestige de mur situé sur le bord du plateau, à l'extrémité d'un champ clôturé. Lui-même signalé par un cairn conséquent. A ce stade, environ trois heures de marche nous séparent de la Rode. D’ici, la vue plonge sur la vallée de la Jonte et Gatuzières baignée de soleil. La descente est tout à fait envisageable.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; color=&quot;#000000&quot;&gt;L'édification du Cayla est estimée plus récente que ses deux fortifications sœurs. Il n'est pas dit toutefois que les pierres et la terre d'ici n'aient pu être prélevées sur des constructions antérieures, donc contemporaines des habitats de la Rode et du Tourel. Ce qui viendrait corroborer la thèse d'un prolongement logique entre les trois oppida. Une remarque encore : en cas de ciel couvert, le pic-repère disparaît. D'où la nécessité d'un balisage au sol. Bien difficile à déterminer, répétons-le, après quatre ou cinq millénaires. Mais qui aurait bien pu avoir une existence. C’est aussi pourquoi suivre une laie en hiver, alors que la densité de végétation est moindre, peut favoriser les recherches. Sur le Causse, où cette végétation est de toute façon rabougrie, et dont les bois sont essentiellement constitués de résineux qui ne se dégarnissent pas, la différence de saison pourrait compter pour bien peu. La vérité est que ce pays sait montrer en hiver un visage régénéré et franc dans ses moindres contours. Gardons aussi en tête cet aphorisme de Frédéric Nietzsche&amp;nbsp;: &quot;&amp;nbsp;Sur les hauteurs il fait plus chaud que l'on n'imagine généralement dans la vallée, surtout en hiver. Le penseur sait tout ce que ce symbole veut dire.&amp;nbsp;&quot;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;Extrait de la revue &lt;em&gt;Montségur&lt;/em&gt; n°1, octobre-novembre 2000&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; 
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                <title>Louis Rossel(1844-1971): Du légalisme au devoir de révolte.</title>
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                <author>noreply@ (Jidoc)</author>
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                                                <pubDate>Thu, 15 May 2008 03:03:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img width=&quot;231&quot; src=&quot;http://louisrossel.blogspirit.com/images/medium_louis-nathaniel_rossel.png&quot; height=&quot;284&quot; style=&quot;width: 231px; height: 284px&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Recherchée par Bismarck (1815-1898) pour réaliser l’unité allemande et déclarée par Napoléon III (1808-1873) une nouvelle fois mal inspiré en matière de politique extérieure, la guerre franco-allemande éclate le 19 juillet 1870, entraînant la chute du second Empire après les défaites d’Alsace, à Wissenbourg, de Lorraine, à Metz, et surtout de Sedan le 2 septembre 1870.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Deux jours plus tard, Léon Gambetta (1838-1882) proclame la république puis quitte, embarquant à bord d’un ballon, la capitale assiégée par les Prussiens. Ministre de la Guerre du gouvernement provisoire installé à Tours, Gambetta organise la Défense nationale mais, en dépit de quelques succès militaires (1), ne peut empêcher les capitulations de Strasbourg, Metz (2) et Paris (28 janvier 1871).&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Dès lors, la défaite semble consommée. Aussi, quelques jours plus tard, l’opportuniste Adolphe Thiers (3) est nommé chef du pouvoir exécutif et, le 10 mai 1871, conclut le traité de Francfort qui officialise l’annexion de l’Alsace-Moselle à l’Allemagne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Entre-temps, à Paris, se déroulent les évènements de la Commune.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Appuyé sur les milieux ouvriers, le gouvernement insurrectionnel de la Commune s’installe dans la capitale après la levée du siège de la ville par les Prussiens.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Nous sommes le 18 mars 1871.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; La Commune est renversée le 27 mai, après deux mois d’existence, à la suite d’un nouveau siège, mené cette fois-ci par les Versaillais, au cours duquel sont incendiés l’Hôtel de ville et les Tuileries tandis que de nombreux otages (dont Mgr Darboy, archevêque de Paris) sont exécutés par les insurgés. La répression menée par Thiers est féroce. De nombreux communards sont fusillés au Père-Lachaise ou déportés dans les colonies, condamnés à de très lourdes peines de travaux forcés.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; C’est au sein de la Commune que s’illustre un de ses martyrs, le Cévenol Louis Rossel.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;font face=&quot;Comic Sans MS&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;u&gt;Louis Rossel, polytechnicien et communard&lt;/u&gt;&lt;/b&gt; :&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Si toute la France, ou du moins ses élites nanties et manipulées, considèrent comme un fait acquis, définitif, la suprématie des armes allemandes et l’effacement de la patrie devant l’occupant, il en est – à Paris, notamment, mais aussi en Pays d’Oc, à Grenoble et Marseille – qui ne l’entendent pas ainsi.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ainsi, le 19 mars 1871, alors que se lève le premier matin de la Commune, le polytechnicien et capitaine du génie auxiliaire Louis Rossel choisit de se rendre à Paris pour se mettre « à la disposition des forces gouvernementales qui peuvent y être constituées ».&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ce brillant officier, originaire des Cévennes et protestant, rompt alors brutalement avec l’armée française que ses généraux, rivalisant de lâcheté, d’impuissance et de compromission, ont délibérément mené à l’abîme. Cet événement inouï et unique (4) est la traduction en acte du vœu profond d’un homme qui souhaite plus que tout continuer à se battre, refusant l’idée même de défaite et puisant sa propre foi en celle de « la patrie en armes ».&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Jeune officier de vingt-sept ans, Louis Rossel est décrit comme &lt;i&gt;« abrupt, soucieux de discipline, rigoureux dans ses choix »&lt;/i&gt;. Au sein même de la Commune, Louis Rossel se montre hostile à tout sentiment velléitaire, méprise jusqu’aux palabreurs qui discourent en pure perte tandis que les Versaillais fondent sur Paris. Alors qu’il est ministre de la Guerre, il finit même par démissionner, s’étant rendu &lt;i&gt;« insupportable par ses légitimes exigences »&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Toutefois, il gravit rapidement les échelons de la hiérarchie militaire, nommé successivement chef de légion, chef de l’état-major, président de la Cour martiale puis, le 30 avril, ministre de la Guerre. Tentant d’imposer ses ordres à des troupes indisciplinées, il doit &lt;i&gt;« s’accommoder de l’indécision des politiques [et] se jette à corps perdu dans la résistance aux Versaillais »&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Arrêté durant la Semaine Sanglante, Louis Rossel est envoyé à Versailles. Interrogé par ses geôliers, il lui est signifié sa condamnation à mort. Adolphe Thiers intervient alors, lui promettant une grâce à condition qu’il accepte de s’exiler définitivement. Refusant tout net, Louis Rossel est fusillé à Satory (non loin de Versailles) en compagnie de plusieurs de ses camarades, le 28 novembre 1871.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Un sort accepté avec dignité, déclarer : &lt;i&gt;« Mourir jeune, d’une mort rapide, d’une mort honorable, laisser un nom respecté et un courageux exemple ce n’est pas un sort à plaindre. Ma mort sera cent fois plus utile que ma vie ou qu’aurait été une longue carrière bien remplie. Je ne me plains pas »&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Il est enterré au cimetière protestant de Nîmes.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;font face=&quot;Comic Sans MS&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;u&gt;L’appel de la dissidence&lt;/u&gt;&lt;/b&gt; :&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Symbole intemporel pour tous ceux qui souhaitent &lt;i&gt;« unir les luttes pour l’indépendance nationale et la justice sociale »&lt;/i&gt;, jeune homme exigeant conscient dans l’épreuve que l’action prime sur le discours, Louis Rossel ne semble pas a priori prédisposé à la rébellion. Soldat exemplaire, ses espérances se portent vers l’établissement d’un gouvernement du peuple par le peuple assez éloigné d’une république oligarchique travestie en démocratie égalitaire. Légaliste, il sert l’Empereur Napoléon III sans état d’âme.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Mais la guerre de 1870 va bouleverser le cours de son existence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Révolté par l’invasion armée de son pays, Louis Rossel, patriote exalté, semble &lt;i&gt;« reprendre espoir à la nouvelle de l’insurrection du peuple de Paris et de la fuite du gouvernement de Thiers à Versailles »&lt;/i&gt;. Sa démission du ministère de la Guerre s’inscrit dans cette logique. Louis Rossel déclare : &lt;i&gt;« Instruit qu’il y a deux partis en lutte dans le pays, je me range sans hésitation du côté de celui qui n’a pas signé la paix et qui ne compte pas dans ses rangs de généraux coupables de capitulations »&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Déserteur entré en dissidence, il se met donc au service de la Commune qui incarne la continuité de la résistance nationale contre l’occupant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; A bien étudier cet être hors du commun, nous découvrons &lt;i&gt;« plus qu’un personnage historique désincarné mais [bien] un homme dans toute sa complexité, avec ses qualités et ses défauts, ses rêves et ses doutes »&lt;/i&gt;. Ces motivations semblent résulter de la convergence d’un faisceau de raisons qui vont du patriotisme, bien sûr, à des causes plus intimes telle &lt;i&gt;« sa révolte envers son milieu protestant qui a troqué l’héroïsme des camisards pour les biens matériels »&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; L’ambition a peut-être joué, aussi. Louis Rossel caressant le rêve d’accéder aux commandes d’un régime patriotique et social, par exemple, a pu accompagner ce noble et légitime sentiment de révolte face à la démission des puissants.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; L’itinéraire de Louis Rossel interroge aussi &lt;i&gt;« quant à la responsabilité des hommes lorsque la patrie est en danger et sur l’influence de la Commune dans les luttes révolutionnaires »&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ce parcours illustre parfaitement les mots prononcés, en 1812, par le patriote Carl von Clausewitz : &lt;i&gt;« Je crois et je confesse : Qu’un peuple n’a rien de plus haut à respecter que la dignité et la liberté de son existence ; Qu’il doit défendre ces valeurs jusqu’à la dernière goutte de son sang ; Qu’il n’a pas de devoir plus sacré à remplir, qu’il n’a pas de loi plus haute à observer »&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Mais comme Ferdinand Foch le proclamera plusieurs décennies après la Commune, Louis Rossel, par sa révolte, nous rappelle cette évidence qui, aux détours des plus sombres moments de l’histoire de notre communauté, permit aux plus valeureux de nos frères de sauver l’essentiel.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;Un peuple n’est vaincu que lorsqu’il accepte de l’être.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;&lt;font size=&quot;-1&quot;&gt;(1) Succès militaires salués à la Bourse de Paris par de spectaculaires replis… preuve que les grandes fortunes françaises spéculent alors sur une défaite militaire des patriotes, au lieu de soutenir l’effort de résistance. Au contraire, chaque revers militaire au profit de l’agresseur occasionne une hausse des profits au palais Brongniart.&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;&lt;font size=&quot;-1&quot;&gt;(2) Où le maréchal de France Achille Bazaine (1811-1888) capitule prématurément, ce qui lui vaut, en 1873, d’être condamné à mort pour trahison avant de voir sa peine commuée en détention à perpétuité. Evadé, il part se réfugier à Madrid où il meurt quinze ans plus tard.&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;&lt;font size=&quot;-1&quot;&gt;(3) Né à Marseille en 1797, Adolphe Thiers est, dans les années 1830, le chantre d’une monarchie parlementaire à l’anglaise, puis républicain conservateur en 1848-1849, député sous le second Empire après son retour d’exil et enfin républicain forcené durant la Commune, qu’il écrase dans le sang, et les premières années de la IIIe République. Il décède en 1877.&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;&lt;font size=&quot;-1&quot;&gt;(4) Louis Rossel est le seul officier français à avoir rallié la Commune de Paris en 1871.&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; 
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