
André Castéra s’est éteint dans la soirée du 25 décembre. Point final d’une vie hors du commun. Car le destin du petit vigneron de Montredon devenu leader viticole est vraiment exceptionnel. La vieillesse, la maladie l’avaient contraint à une forme d’oubli.
Une voix s’est tue. Pas n’importe quelle voix, la voix qui longtemps incarna la révolte vigneronne, la voix du Marcelin Albert de nos temps modernes, celle d’André Castéra.
Le “vieux sage” s’en est allé, et c’est sagement et symboliquement l’année du centenaire de 1907 qu’il a tiré sa révérence.
C’est vrai que la maladie et l’usure du temps l’auront beaucoup aidé à nous quitter, laissant aussitôt le souvenir monumental d’un homme, de ce modeste vigneron de Montredon qui se permit un beau matin de faire trembler le pouvoir, et de faire “courir la police”. “Castéra le Terrible”, comme le clamera France Dimanche, lui consacrant huit colonnes et sa “une” entière, c’était lui.
L’action syndicale
Pourtant, rien ne le prédestinait à cette authentique et éphémère gloire, lui qui n’opérait un retour au bercail, en 1950, que par nécessité. Le père Castéra est alors malade, il a besoin de son fils. Il est là. L’action syndicale l’intéresse, André Castéra devient secrétaire de la CGVM. L’histoire, son histoire est en marche. Tout commence vraiment le 19 avril 1951 : un grand jour pour lui. “Le temps de la grogne et des atermoiements est révolu”, dit-il, alors qu’il est chargé de lire une motion de Montredon à la réunion de la CGVM à Narbonne.
“Soixante ans presque jour pour jour après Marcelin Albert, André Castéra prend son bâton de pèlerin et le même phénomène inexplicable se produit”, raconte notre confrère et éditorialiste de L’Indépendant, Bernard Revel, dans son ouvrage Montredon, les vendanges du désespoir. André Castéra ne se reposera plus, chaque village veut le recevoir, l’entendre. Les femmes suivent, souvent au premier rang, à l’image de Madame Castéra et de leurs deux filles. Pour le mouvement viticole, l’émergence d’un tel leader charismatique est une aubaine.
C’est par milliers que les vignerons vont répondre à ces appels à la mobilisation : “N’importe où qu’il aille, nous irons l’écouter” disent-ils. L’homme de Montredon, “maigre comme un chat au printemps” (dixit Maffre-Baugé) devient le point de ralliement d’une colère terrible : 15 000 manifestants défilent en février 1967 à Narbonne, le même jour il y en aura 10 000 à Béziers et quelques autres milliers à Nîmes, Aix, Brignoles et Perpignan. “Le jour de gloire est arrivé, c’est le mien, c’est le vôtre, c’est celui de la viticulture”, lance-t-il. Chacune de ses phrases est ponctuée d’un tonnerre d’applaudissements, témoigne toujours Bernard Revel, “dans ce flot de paroles qu’il a l’air de découvrir lui-même au fur et à mesure qu’il les prononce, tout y passe : sa famille, Napoléon, ses vignes, les courtiers, le gouvernement, les élections. Même la grandiloquence qui, ailleurs, serait ridicule, fait mouche.” C’est du Marcelin Albert, “tu te prends pour Napoléon”, lui avait dit un jour son gendre. “Femmes de vignerons, vignerons, je suis content de vous”, dit-il à sa Grande Armée en marche.
Les plus anciens se souviennent encore de ces mers humaines où les banderoles chantent sa gloire, “Vaincre ou mourir avec Castéra”.
A Jean Lacouture, alors journaliste au Monde, il déclarera : “Sur un signe de moi, ils seront demain cent mille à Narbonne. Si on m’arrête ce sera la révolution.”
La gloire
La gloire le grise, mais l’effraie tout autant, lui, le “Napoléon des vignes” qui reçoit des lettres signées “un soldat de Castéra”.
“Je ne peux pas les décevoir”, dit encore Castéra. Mais elle viendra bientôt cette déception : Mai 68 passe par là, des élections aussi.
Certains l’accusent de sympathie pour la droite, lui qui a eu pour instituteur, à Montredon, le propre grand-père d’Edgar Faure.
Contrairement à plusieurs compagnons de route, ses “maréchaux”, il ne fréquente pas le puissant pouvoir socialiste audois. Il finira par rendre les armes, lui qui avait clamé : “Dans l’Aude, nous constituons le dernier carré. Comme la garde de Waterloo, nous ne nous rendrons pas.” Le syndicalisme vigneron y perdra son tribun, mais y gagnera un sage toujours écouté. Dans ses vignes de Montredon, plus que jamais, André Castéra restera un “seigneur”.
(Source:l’Indépedant)






Alsace d’Abord : Filip Dewinter, récemment les internautes alsaciens ont pu vous voir sur une vidéo alors que vous étiez interpellé par la police belge lors d’une manifestation contre l’islamisation de l’Europe. Que s’est-il passé ?
Filip Dewinter : La démocratie en Belgique est vraiment en danger. Dans la capitale de l’Europe il n’est plus possible de manifester contre l’islamisation. Mais il y a pire. Le Vlaams Belang, le second parti flamand avec 24% des suffrages et presque un million d’électeurs, est exclu par les autres partis. Les membres du parti sont exclus des syndicats, la presse nous diabolise. Le Vlaams Belang subit un procès politique après l’autre. La Belgique n’est plus une démocratie.
Filip Dewinter : Le Vlaams Belang est pour une Europe des régions. Cela veut dire que l’Europe doit accorder une autonomie aussi grande que possible aux états membres et même aux régions.

