Pour qu’un sexagénaire, unanimement estimé dans sa petite commune (environ 4 000 habitants), sorte de ses gonds, fasse feu et blesse trois jeunes, il a fallu lui en faire voir de toutes les couleurs, l’insulter et l’agresser régulièrement. C’est ce qui est arrivé le 21 juillet, à Bessan (Hérault). Gaston Malafosse, dans les derniers mois, s’était à plusieurs reprises plaint à la gendarmerie du harcèlement dont il était victime… Toujours en vain.
La petite bande de jeunes Nord-Africains se trouvait donc tacitement autorisée à poursuivre ses brimades.
Qu’on me permette une digression : je dis “Nord-Africains”, car j’ai du mal à distinguer un Algérien d’un Marocain ou d’un Tunisien, d’une part, et je confonds souvent l’arabité et la berbéritude, d’autre part. La mode est au terme “maghrébin”, qui vient de l’arabe “Maghreb” ; je préfère m’en tenir au vocable français. Le politiquement correct voudrait que j’eusse dit : « d’origine nord-africaine » … Comme si un vin de Bordeaux cessait à Paris d’être un vin de Bordeaux pour n’être plus que « d’origine bordelaise »… Ou bien encore il aurait fallu dire “beur”. Mais beur, c’est du verlan (et même du verlan de verlan), c’est-à-dire - et je pèse mes mots - du français massacré ! Voilà donc pourquoi, à défaut d’une détermination plus précise, j’emploie le terme générique “Nord-Africain”.
Revenons à Bessan. Ou plutôt à Béziers, à la prison de Béziers. On y imagine le pauvre Gaston Malafosse, cet honnête retraité, qui a travaillé toute sa vie, qui n’a jamais rien volé, jamais emmerdé personne… ni vendu d’herbe… il ne peut pas dormir… ça roule dans sa tête… On mettra tout ça sur le compte du racisme, bien sûr… 48 heures qu’il est là, dans cette cellule. On le retrouvera pendu.
Son enterrement, le 29 juillet, réunit un millier de personnes, exclusivement « d’origine européenne ». Ça fait beaucoup pour Bessan… Cela montre dans quelle estime on le tenait.
Le monde politicard-collabo devait faire quelque chose… canaliser l’indignation, ne pas la laisser grossir le courant national. On appela donc à une « marche silencieuse et républicaine » qui serait « une réponse citoyenne à la violence et à l’incivisme ». Tant il faut des mots creux et ronflants pour couvrir la veulerie et l’indigence de la pensée !
Nous voilà donc au lendemain de l’enterrement, le samedi 30 juillet. 2 000 personnes défilent dans la petite ville. Cette petite ville qui a voté à 40 % pour le FN. En tête du cortège plastronnent cyniquement, ceints de leur écharpe tricolore, les élus d’autres communes avoisinantes, et, en première ligne, sans vergogne, François Liberti, député PC, au coude à coude avec son acolyte PS Kléber Mesquida. Autrement dit, les tenants les plus virulents de la politique qui tua Gaston Malafosse se présentaient en dépositaires de sa mémoire ! On comprend qu’une imposture aussi monstrueuse nécessite le respect absolu de la loi du silence. Chacun doit rester “digne” et coi ; surtout s’il a voté FN ou envisage de le faire. On ne discute pas, s’il vous plaît ! tous derrière les élus et la banderole sédative « Plus jamais ça! », propre à mettre dans le même sac les voyous et leur souffre-douleur.
… « Notre problème n’est pas isolé. Nous sommes dans une société qu’on ne comprend plus… » déclara le maire, brave homme et lucide, en déposant une gerbe. La seule gerbe prévue…
Là, un grain de sable crissa dans les rouages que ces messieurs s’étaient donné tant de peine à huiler :
Un homme s’avança et déposa une seconde gerbe. Au nom des “Identîtaires”. Un autre, en même temps, prit la parole pour, d’une voix de stentor, dénoncer la mascarade et flétrir l’hypocrisie des politicards de l’establishment, coresponsables de la situation de notre pays, et de la mort de Gaston en particulier. L’omerta était brisée ! Consternation des uns, jubilation des autres… murmures devant, applaudissements derrière.
Bien sûr, les drames de ce genre ne se comptent plus dans notre pays. Rien qu’en Languedoc, ce mois-ci, et sans fouiller la presse: 30 juillet à Baillargues : fête du village, bagarres sanglantes, voitures incendiées. Des jeunes accusent le maire de racisme. Le torchon Midi-Libre dénonce son attitude de “shérif”.
8 août à Sauve : un agent de sécurité de 23 ans poignardé. On a arrêté l’assassin dont, selon le même torchon, « l’identité n’a pas été divulguée… ».
On apprend, le 21 août, que « dans la semaine précédente » la fête de Palavas a vu une bagarre : 2 blessés au couteau…La liste est loin d’être exhaustive.
Ce qui rend l’affaire de Bessan emblématique, c’est que toutes les tares et tous les espoirs de notre malheureux pays s’y trouvent réunis. Un mouvement vient braver, sur le terrain (l’agora), devant le peuple assemblé, une poignée de démagogues corrompus et traîtres. Il défend la mémoire et l’honneur d’un homme dont le seul tort fut de ne point accepter de se faire marcher sur les pieds, et cracher à la figure, indéfiniment. Devant la carence de la puissance publique, cet homme s’est rebellé. Comme dit le tract du “Bloc identitaire” en conclusion : « Il est mort en résistant. Ne l’oublions pas ».
Daniel CHARDON