Figures identitaires européennes

Miguel de Cervantes (29 septembre 1547 – 22 avril

Miguel de Cervantes (29 septembre 1547 – 22 avril

Lorsque le talent de la plume s’allie avec le courage au combat, il en résulte un romantisme sans commune mesure et une source d’inspiration pour tous les combattants.

Miguel de Cervantes les conjugua à merveille puisqu’il fut l’auteur du premier et très célèbre roman moderne, Don Quichotte. Il est considéré comme le plus grand écrivain espagnol de tous les temps.

Il s’est illustré dans de nombreuses batailles, notamment lors de la bataille de Lépante en 1571 où il perdit l’usage de la main gauche et eut le poumon perforé. Il se battit dans l’armée chrétienne sous les ordres de Don Juan d’Autriche et on dira de lui :

"Quand fut reconnue l'armée du Turc, dans cette bataille navale, ce Miguel de Cervantes se trouvait mal et avec de la fièvre, et ce capitaine... et beaucoup d'autres siens amis lui dirent que, comme il était malade et avait de la fièvre, qu'il restât en bas dans la cabine de la galère ; et ce Miguel de Cervantes demanda ce qu'on dirait
de lui, et qu'il ne faisait pas ce qu'il devait, et qu'il préférait mieux mourir en se battant pour Dieu et pour son roi, que ne pas mourir sous couverture, et avec sa santé... Et il se battit comme un vaillant soldat contre ces Turcs dans cette bataille au canon, comme son capitaine lui a demandé et ordonné, avec d'autres soldats. Une fois la
bataille terminée, quand le seigneur don Juan sut et entendit comment et combien s'était battu ce Miguel de Cervantes, il lui donna quatre ducats de plus sur sa paye...
De cette bataille navale il sortit blessé de deux coups d'arquebuse dans la poitrine et à une main, de laquelle il resta abîmé."

Malgré son infirmité, il continua de se battre durant encore plusieurs années jusqu’à ce qu’il se fasse capturer. Il passa 5 ans dans les geôles ottomanes et essaya plusieurs fois de s’enfuir. A chaque fois qu’une de ses tentatives échouait, il endossait toute la responsabilité afin d’éviter les représailles sur ses compagnons d’infortune. Il subit nombre de tortures et fut surveillé étroitement. Il fut finalement libéré grâce au paiement d’une rançon.

Il resta toujours très fier d’avoir combattu à Lépante et écrira à ce sujet dans le prologue de Don Quichotte : "le plus grand évènement que virent les siècles passés,
présents, et que ceux qui viennent ne peuvent espérer."
Il fut un poète guerrier.