Figures identitaires européennes

Charles Martel né Charles de Herstal (688 – 741)

Charles Martel né Charles de Herstal (688 – 741)

En 714, à la mort de son père, Charles de Herstal qui a 29 ans devint l'héritier de la place de maire du palais. Il avait perdu ses deux frères et il restait alors le seul enfant de Pépin le Jeune, mais un enfant illégitime. Dès lors la femme du défunt décida de l'enfermer, au profit de son petit fils.

En 715 Charles parvint à s'évader et à rallier des
révoltés qui n'avaient pas apprécié qu'une femme,
Plectrude, dirige le royaume. Quelques jours plus tard, Charles la força à lui céder la mairie d'Austrasie. Aussitôt au pouvoir, Charles entreprit de réunifier tout le royaume des Francs, ceci
même au prix de plusieurs batailles. Il mit successivement Clotaire IV, Chilpéric II et enfin Thierry IV sur le trône, mais de facto, c'est lui qui avait le pouvoir.

En 732 Charles affronta les armées musulmanes du gouverneur d'Espagne Abd el Rahman. Ces dernières occupaient la péninsule ibérique depuis 711 déjà et continuaient en direction du Nord, par delà les Pyrénées. En 725, le Lanquedoc et l'actuelle Bourgogne étaient déjà conquises. Le duc d'Aquitaine arrêta une première fois les armées d'Abd el Rahman en 721 à Toulouse et pour prévenir d'autres invasions s'allia avec Munuza, gouverneur berbère de la Septimanie qui luttait contre Abd el Rahman.

Mais Munuza fut tué et le gouverneur Abd el Rahman en profita pour lancer en 723 une importante offensive au travers de la frontière franque. C'est à ce moment là que le duc d'Aquitaine demanda à Charles de lui venir en aide.
Le 19 octobre 732, les armées de Charles et du duc réunies faisaient face à la razzia à Moussais, sur l'actuelle commune de Vouneuil-sur-Vienne, entre Tours et Poitiers. Charles voulut tout d'abord éviter la bataille, mais se rendant ensuite à l'évidence, il encouragea les Sarrasins à piller les alentours. Cela les rendait en effet plus lourds
et moins motivés pour le combat. Les hommes qui n'ont rien à perdre sont les plus dangereux. C'est seulement après six jours d'observation que la bataille fit rage, le 25 octobre, mais elle fut brève. Charles tua lui-même le chef Abd el Rahman et les
troupes sarrasines furent ainsi mises en déroute.

C'est à la suite de cet épisode que Charles obtint le nom de Martel, car il avait violemment écrasé les troupes mahométanes, tel un marteau (également utilisé comme arme à l'époque).
Charles Martel, fort de son succès ne s'arrête pas là. Il descend ensuite dans le Midi d'où il chasse les chefs musulmans qui s'y étaient installés quelques années plus tôt.

Malheureusement, les troupes arabo-musulmanes ne sont pas pour autant battues sur tous les fronts. Elles prennent Avignon et Arles en 735 puis attaquent la Bourgogne, mais Charles Martel parvint encore à les refouler dans le sud de la vallée du Rhône en 736.

Ensuite Charles s'allie aux Lombards pour reprendre la Provence en 739. Tous ceux qui avaient alors collaboré avec les musulmans sont châtiés et leurs biens donnés aux guerriers francs.
En 737 le roi Thierry IV meurt et Charles décide de ne pas lui désigner de successeur. De toute façon, le rôle des rois mérovingiens était insignifiant. Charles dirigea alors le royaume des francs jusqu'à sa mort en 741, en toute illégalité mais
fort de ses victoires contre les envahisseurs, de son pouvoir et de sa popularité.